TradiNews

Actualité(s) du Traditionalisme Catholique

25 mars 2017

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Lent Déclin – I

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 25 mars 2017

Si je n’agirai pas – comme je pense – bien,
De mes bonnes pensées il ne restera rien !

Voici un témoignage (abrégé) venant des États-Unis. Il tape souvent dans le mille :—
On a voulu « changer l’image » de la Fraternité St Pie X. Résultat ? – elle n’est plus ce qu’elle était. Comme la Fraternité originale appartenait à l’Église catholique, ainsi la Néo-fraternité appartient à la Néo-église. Pour les anciens qui se souviennent de Vatican II, c’est du déjà vu, mais en pire, parce que cette fois-ci il n’y a même pas d’attaque directe contre la bonne doctrine, ni un Concile important, c’est par une transformation sociale que la révolution s’étend, lente et presque imperceptible. 
En effet, les apparences de la Tradition se maintiennent, mais le Mouvement de la Tradition se change en douceur, du dedans. Extérieurement et du point de vue matériel les choses paraissent mieux réussies que jamais, avec toujours plus d’argent et de bâtiments, mais intérieurement et spirituellement on observe une décadence, parce que la maladie du modernisme gagne imperceptiblement les gens. Et une variété de symptômes indiquent que c’est bien le même modernisme, par exemple les jeunes prêtres de la Fraternité aux visages béats, tout comme les « prêtres de la paix » comme le grand Cardinal Mindszenty les a nommés, dans les années 1960 et 1970. Mais à ceux-ci manque la masculinité des prêtres qui les ont précédés, comme elle manque à des laïcs importants dans l’éducation. 
Alors la Messe a beau être Traditionnelle, toute la culture autour est Novus Ordo. Les Traditionnalistes veulent préserver la Messe ancienne et les Sacrements et quelques-unes des bonnes mœurs du Catéchisme, mais en même temps ils veulent profiter de tout le reste que le monde moderne leur offre. Comme résultat on distingue à peine, en-dehors de la Messe et des Sacrements, entre les soi-disant Catholiques de la Tradition et leurs équivalents dans le monde moderne. Pour ce qui concerne le divorce, les annulations de mariage, les « filles-mères », etc., les statistiques sont pareilles. Si les Traditionnalistes veulent suivre le monde moderne, ils ne peuvent plus garder la religion ancienne. Il faut choisir. 
Ce qui se passe, c’est que le Mouvement de la Tradition s’ouvre actuellement au monde pour devenir normal et se faire accepter, et le processus de la modernisation avance, lentement mais sûrement. Il y a une nouvelle génération de jeunes au pouvoir, et ils font tout changer. Les anciens irréductibles qui désormais gênaient ont été remplacés, et la Tradition a une nouvelle image, jeune, souriante, aimable. Voilà 50 ans que l’Église officielle a eu sa mise à jour, la Fraternité y passe aujourd’hui. La vieille génération qui a mené tant de batailles pour tout préserver se fait remplacer maintenant par une nouvelle génération qui n’a jamais connu le Novus O rdo, ni ce qui était derrière, et qui n’a jamais eu à se battre pour quoi que ce soit. Les jeunes d’aujourd’hui peuvent bien avoir été élevés isolés dans une bulle de la Tradition, sans connaître grand- chose de la guerre d’hier, origine de celle d’aujourd’hui. Avant le Concile Bella Dodd a rendu un témoignage célèbre que les Communistes avaient infiltré l’Église. Pouvons-nous être sûrs que la même chose n’arrive pas actuellement au mouvement de la Tradition ? 
Cela devait arriver. N’étant ni infaillible ni indéfectible, la Fraternité passe maintenant par l’expérience d’il y a 50 ans de l’Église officielle – l’infiltration, le compromis, la désintégration et le même processus d’auto-démolition. Mgr. Lefebvre aurait remarqué tout de suite le changement radical, mais bon nombre des grenouilles dans la Fraternité n’ont même pas remarqué comment la température de l’eau monte. Monseigneur a « transmis ce qu’ il a reçu » mais la nouvelle génération comment peut-elle transmettre ce qu’elle ne reçoit plus ? C’est pour cela que nous entendons que la « réconciliation inévitable » est imminente. La Fraternité sera acceptée comme partie de la Néo-église, et inversement elle devra accepter la Néo-église. Elle ne sera plus qu’une des nombreuses chapelles latérales dans le Panthéon du Nouvel Ordre Mondial. Et quant à la « réconciliation », de quel côté des deux s’est-on rendu à l’autre ? L’Église Conciliaire est-elle devenue catholique ? Absolument pas !
Kyrie eleison.

[DICI Le 25 mars 1991 s’éteignait Mgr Marcel Lefebvre…

SOURCE - DICI - 25 mars 2017

Mgr Marcel Lefebvre est né le 29 novembre 1905 à Tourcoing (Nord) et mort à Martigny (Valais) le 25 mars 1991. Archevêque catholique de Dakar et délégué apostolique pour l’Afrique française, il devient en 1962 évêque de Tulle puis Supérieur général de la Congrégation du Saint-Esprit. Grande figure de l’opposition au concile de Vatican II, il fonde en 1970 la Fraternité Saint-Pie-X dont la finalité est de préserver le sacerdoce catholique. Il décède le 25 mars 1991.

[fsspx.news/fr] Mgr Pozzo : « Le magistère n’est pas au-dessus de la Tradition »

SOURCE - fsspx.news/fr - 21 mars 2017

Le journal allemand Die Tagespost a ouvert ses colonnes à Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la Commission Ecclesia Dei, le 17 mars dernier. L’archevêque y aborde la question des rapports de la Fraternité avec Rome et son espoir d’arriver prochainement à un règlement de la situation.
Le prélat en charge des relations avec la Fraternité Saint-Pie X en a profité pour dissiper la fausse rumeur selon laquelle il aurait servi de médiateur dans l’achat d’une maison pour la Fraternité à Rome « Je n’ai joué aucun rôle dans cette prétendue affaire, même s’il va sans dire que l’attribution à la Fraternité d’une église en plein Rome suppose sa reconnaissance préalable », a-t-il déclaré.

En ce qui concerne les bruits de reconnaissance canonique diffusés par les médias, l’archevêque pense que les choses avancent et vont bientôt arriver à leur terme, assurant que « l’identité spirituelle, théologique, liturgique, disciplinaire et pastorale de la FSSPX serait garantie par une loi particulière ». Quand ? « Il n’y a aucune date-limite pour l’aboutissement de ce projet », assure le prélat qui confie cette intention à Notre-Dame de Fatima.

Mgr Pozzo donne d’autres informations : une déclaration doctrinale sera soumise à l’approbation de la Fraternité, garantissant le principe d’un magistère qui n’est pas au-dessus de la Tradition mais qui doit la servir sans ajouter rien de nouveau au dépôt de la foi ; et permettant de « rejeter comme erronée une interprétation, une compréhension ou une pratique issue de Vatican II en rupture avec ce qui a été précédemment enseigné ». De plus, des discussions doctrinales seront toujours d’actualité après une éventuelle reconnaissance, dans le but de clarifier les ambiguïtés du Concile.

Pour sa part, le Supérieur général de la Fraternité reste serein et prudent, comme il l’a déclaré sur les ondes de Radio Courtoisie, le 26 janvier dernier : « Est-ce qu’une Eglise qui depuis 40 ans a imposé une ligne, qui est cette ligne moderne, une ligne contre laquelle on se bat, à cause de laquelle nous avons été déclarés schismatiques, hors de l’Eglise et tout ce qu’on veut… Est-ce que cette Eglise est oui ou non disposée à nous laisser continuer notre chemin ? (…) C’est toute la question. Et tant qu’elle n’est pas suffisamment réglée, nous ne pouvons pas avancer. » (Sources : FSSPX.Actualités / Die Tagespost)

24 mars 2017

[Abbé Étienne de Blois, fsspx - Le Petit Eudiste] Conservateur = corrupteur

SOURCE - Abbé Étienne de Blois, fsspx - Le Petit Eudiste - mars 2017

«C'est une forme de modestie louable que de ne pas vouloir être excentrique…» Les conservateurs ont des qualités, on ne peut le nier. Ils ont celle d'un certain courage, puisqu'il leur faut sans cesse s'opposer aux progressistes. Mais nous ne voulons pas ici juger de leurs intentions, ni dire en quoi ils sont excusables. Nous voulons seulement manifester le danger que courent, et font courir, les conservateurs. Non pas ceux qui cherchent la vérité et qui s'arrêtent − un temps trompé − aux seules apparences de la vérité, mais les conservateurs qui tiennent à le rester.
      
«…Mais cette modestie est devenue impossible à pratiquer aujourd'hui!» Selon les faux-penseurs vrais-menteurs, le monde serait divisé en droite et gauche, conservateurs et progressistes. C'est faux. Le monde est divisé depuis le péché de Lucifer entre ceux qui acceptent l'autorité de Dieu et ceux qui la refusent. 
     
Ceux qui acceptent l'autorité divine sont appelés contre-révolutionnaires mais ils forment ce qui a pour vrai titre: la «Tradition». Les hommes de Tradition acceptent ce qui est transmis par les anciens parce que reçu de Dieu. Les révolutionnaires refusent toute transmission parce qu'ils refusent de recevoir une quelconque loi.
     
Ceux qui refusent l'autorité sont les révolutionnaires. Les progressistes sont de francs révolutionnaires : ils refusent la Tradition, et cherchent toujours et sans cesse du nouveau.
     
Les conservateurs ne sont pas de la Tradition : ils ne cherchent pas à transmettre ce qui est divin mais à conserver un pauvre état humain. Les conservateurs conservent un état présent. Le conservateur alimentaire maintient la viande dans un état intermédiaire entre la vie et la moisissure. L'apparence est appétissante, mais cache des principes morbides. L'homme conservateur souhaite maintenir le monde dans un état apparent plaisant… et dans un état réel de révolution. 
     
Objectivement le conservateur est, –bien souvent à son corps défendant–, un hypocrite révolutionnaire. Il conserve à la Révolution une apparence sortable. Il en est le meilleur allié, nolens volens.
     
Le conservateur est le meilleur ennemi de la Tradition. Le meilleur parce que le plus proche quant aux apparences. Combien sont trompés ? «C'est la même messe…» Oui, mais ce n'est pas la même doctrine! Les schismatiques aussi célèbrent la même messe. Le conservateur est ennemi de la Tradition parce que les principes du conservateur sont ceux du Révolutionnaire, la logique et l'honneur en moins. 
     
Pour réduire un homme de Tradition à un conservateur, le révolutionnaire adopte une tactique très habile en disant simplement : «Venez sous mon toit, je vous laisse libre». Le révolutionnaire baisse les armes, mais n'abandonne aucunement le terrain. De quelle liberté parlons-nous? Le révolutionnaire entend la liberté comme une indépendance de Dieu. Généreusement, il propose la liberté à la Tradition, la même liberté qu'il réclame pour toutes les erreurs, la liberté de Satan. Si l'homme de Tradition entre dans le cercle de la liberté révolutionnaire, il sort de l'adhésion à la vérité de Dieu, l'ayant réduite à une simple opinion humaine. Il gardera longtemps peut- être les apparences de la Tradition, mais il aura accepté dans son cœur le poison de la Révolution : c'est un conservateur de plus. 
     
Le conservateur a voulu sauver deux choses: les apparences et son honneur. Malheureusement l'honneur ne se conserve pas à la sauvette. Il demande à être servi avec noblesse, franchise et force. Le conservateur espère servir en restant sortable, en étant acceptable par ceux qu'il cherche à sauver. Faux honneur, vraie trahison : pour être accepté par le révolutionnaire, qui honni la Tradition, il a fallu cacher celle-ci. Belle noblesse, belle franchise, belle force! La Tradition est comme une plante : à l'ombre, elle crève, doucement, insensiblement. La Tradition transmet quelque chose. Cachée, coupée de sa source, elle n'est plus Tradition. La peau est restée, l'outre s'est vidée.
      
Le conservateur peut s'écrier: «Tout est sauf, fors l'honneur et la vérité!»